Surface de plancher : définition complète et ce qui est exclu

La surface de plancher est l'une des notions fondamentales du droit de l'urbanisme français. Elle détermine le type d'autorisation nécessaire (déclaration préalable ou permis de construire), l'obligation de recourir à un architecte, le calcul de la taxe d'aménagement et de nombreuses règles du PLU. Sa définition est fixée à l'article R. 111-22 du Code de l'urbanisme, issu du décret du 29 décembre 2011, qui a remplacé l'ancienne notion de SHON (surface hors œuvre nette). Maîtriser cette notion est indispensable pour tout porteur de projet.
La définition légale : article R. 111-22 du Code de l'urbanisme
L'article R. 111-22 du Code de l'urbanisme définit la surface de plancher comme la somme des surfaces de plancher de chaque niveau clos et couvert, calculée à partir du nu intérieur des façades, après déduction des surfaces correspondant à l'épaisseur des murs entourant les baies. Cette définition est complétée par une liste d'exclusions qui fait la spécificité du régime actuel par rapport à l'ancienne SHON.
- Mesure : depuis le nu intérieur des façades (face interne du mur, enduit non compris)
- Tous les niveaux : rez-de-chaussée, étages, sous-sol, combles (si clos et couverts)
- Décret fondateur : décret n° 2011-2054 du 29 décembre 2011
- Applicable depuis le 1er mars 2012 (remplacement SHON/SHOB)
- Notion distincte de l'emprise au sol et de la surface taxable
Ce qui est exclu de la surface de plancher
Les exclusions sont nombreuses et constituent l'essentiel des difficultés d'interprétation. Elles sont listées à l'article R. 111-22 du Code de l'urbanisme et précisées par une instruction ministérielle du 3 février 2012. La connaissance de ces exclusions permet souvent d'optimiser légalement la conception d'un projet.
- Espaces dont la hauteur sous plafond est ≤ 1,80 m (combles non aménageables, sous-toiture basse)
- Surfaces de stationnement des véhicules (garages, parkings, abris voiture fermés)
- Caves et sous-sols non aménageables (non chauffés, non habitables)
- Trémies d'escaliers et d'ascenseurs (au niveau de chaque plancher traversé)
- Surfaces des combles non aménagés si hauteur < 1,80 m sur toute la surface
- Balcons, loggias et terrasses non couvertes (sauf si couvertes et closes)
- Vides sanitaires et locaux techniques inaccessibles
Ce qui est inclus dans la surface de plancher
Tous les espaces clos et couverts dont la hauteur sous plafond est supérieure à 1,80 m sont inclus dans la surface de plancher. Cette règle de la hauteur de 1,80 m est la clé de voûte de la définition : elle permet d'exclure les volumes non habitables tout en intégrant tous les espaces réellement utilisables.
- Pièces de vie : salon, chambres, cuisine, salle de bains, bureaux
- Combles aménagés avec H > 1,80 m (même partiellement aménagés)
- Sous-sols aménagés et habitables (cave convertie en chambre, salle de sport…)
- Vérandas closes et couvertes, quelle que soit leur utilisation
- Mezzanines si closes et couvertes avec H > 1,80 m
- Dépendances closes et couvertes avec H > 1,80 m (buanderie, cellier)
- Partie d'un garage transformée en pièce habitable
Différence avec l'emprise au sol
L'emprise au sol et la surface de plancher sont deux notions différentes qui ne doivent pas être confondues. L'emprise au sol est la projection verticale du volume de la construction sur le terrain, mesurée depuis l'extérieur des murs. Elle inclut les débords de toiture de plus de 0,50 m et toutes les constructions, y compris les garages. La surface de plancher, elle, exclut les garages et les espaces sous 1,80 m. C'est l'emprise au sol qui détermine le coefficient d'emprise au sol (CES) du PLU.
- Emprise au sol : projection verticale externe (vue de dessus depuis l'extérieur)
- Surface de plancher : somme des surfaces intérieures par niveau (avec exclusions)
- Emprise ≥ surface de plancher dans la majorité des cas
- Garage : compté dans l'emprise au sol, exclu de la surface de plancher
- Terrasse couverte : comptée dans l'emprise au sol, exclue de la surface de plancher si non close
- Seuils d'autorisation : emprise au sol et surface de plancher sont alternatives (le seuil est atteint si l'un ou l'autre est dépassé)
Applications pratiques : exemples concrets
Pour illustrer concrètement la définition, voici quelques exemples pratiques. Ils permettent de comprendre comment calculer la surface de plancher dans les cas courants et d'éviter les erreurs d'estimation qui peuvent conduire à des sous-déclarations (infraction) ou des sur-déclarations (taxes supérieures au nécessaire).
- Maison 80 m² avec garage 20 m² : surface de plancher = 80 m² (garage exclu)
- Maison avec combles aménagés sur 30 m² (H > 1,80 m) : surface de plancher = RDC + combles aménagés
- Sous-sol : 40 m² dont 20 m² avec H > 1,80 m → 20 m² comptent en surface de plancher
- Véranda close 15 m² : compte dans la surface de plancher
- Balcon 5 m² non couvert : ne compte pas dans la surface de plancher
- Escalier : surface de la trémie déductible à chaque niveau traversé
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